leçon 2.
encore un peu d’alphabet
Tout d’abord, les sons qu’on retrouve aussi en français et qui s’écrivent pareillement :
- consonnes : d (DoDo), m (MiMe), s (SurSaut), w (Watt).
Comme on l’a compris, le même symbole (ou combinaison de signes) représente toujours le même son !
Voyons ensuite, des sons et/ou orthographes spécifiques :
- voyelles : u-U (tOUjOUrs), ã-Ã/an-An (sANs vENt), ɔ̃-Ɔ̃/õ-Õ/ɔn-Ɔn (tON nOM)
- consonne : ɖ-Ɖ
Rappel : Chez les anglophones et les luxophones, les voyelles nasales se notent avec un tilde sur la voyelle. Chez les francophones, les voyelles nasales se notent en accolant un N à la voyelle.
Signalons que la nasalité les consonnes nasale (M, N, NY, Ŋ) se propage en général dans la syllabes où elles sont présentes (et donc “mamman” au lieu de la “mama” italienne). Quand même ce n’est pas le cas (certaines prononciation et certains mots), les mots n’étant pas ambigus et n’ayant que l’une ou l’autre prononciation, l’orthographe est simplifiée et on n’indique jamais la nasalité des voyelles (d’où nous n’écrirons pas : amɛ̃, emɔ̃, enɔ̃, nã, ... qui sont des fautes !)
Le D-africain est aussi une "consonne occlusive voisée" comme sa consœur. [1] D est articulé avec la pointe de la langue contre les alvéoles des dents supérieures ; tandis que Ɖ ost articulé ovec la pointe de la langue retournée contre le palais.
| - | d | ɖ | - |
|---|---|---|---|
| a | sueur | langue (muscle) | e |
| e | palmier à huile | enfance | e |
| e | maladie | filet de pêche | ɔ̀ |
| jetter | remplir | ɔ | |
| e | trou | poudre à canon | u |
dialogue
Dans cette conversation, Codjo est un enfant et son interlocuteur un(e) adulte...
- Codjo, viens vite.
- Kɔjo, ɖebl’ a-va.
- Je suis arrivé/là.
- Ŋ va.
- Donne-moi vite ton livre.
- Na ŋ ao wema blaŋ. (hwe)
Na ŋ wema tɔo blaŋ. (dogbo) - Na ao wema ŋ blaŋ. (hwe)
Na wema tɔo ŋ blaŋ. (dogbo) - Sɔ ao wema nɔ ŋ blaŋ. (hwe)
Sɔ tɔo wema nɔ ŋ blaŋ. (dogbo)
- Na ŋ ao wema blaŋ. (hwe)
- Le voici.
- Ì ke. (hwe)
Ì ge. (dogbo)
- Ì ke. (hwe)
- Merci beaucoup.
- Wadɔ kéké. [2]
- De rien.
vocabulaire
Ce texte est simple et son vocabulaire se devine aisément.
- verbes
- na = donner, offrir. (intention/but : cadeau)
- sɔ = prendre. (l’objectif est le déplacement)
- sɔ nɔ = passer/remettre à. (prendre et remettre à quelqu’un)
- wa = faire.
- wa-dɔ = travailler. (faire un travail)
- ɖe-blɛ = se dépécher. (action de faire avec empressement ou promptitude)
- noms
- (e)dɔ = travail, tâche.
- asi / awi (mina) = chat, chatte, chaton.
- pronoms personnels
- (e)ì = le, la, ce.
- adjectifs possessifs
- ao/tɔo = ton, ta, tes.
- adverbes
- nɛ = voilà.
- kéké = tellement, vraiment.
- autre
- ... gǒ = ne ... pas (particule de négation), pas du tout
- ... ɖe-gǒ = aucun (pas un seul)
- óò/òó = non
éléments de grammaire
Pour la première phrase, « donne-moi » peut être assez ambigü en français et n’a pas vraiment d’équivalent. En effet, on emploiera :
- "na ŋ ..." pour signifier « offre-moi ... » (mais c’est lui qui est habituellement utilisé pour traduire « donner »)
- "sɔ ... nɔ ŋ" pour signifier « remet/passe-moi ... » [5]
Toujours pour la première phrase, on remarquera que l’ordre des mots est assez variable, ce qui peut sembler difficile à celui qui pense en français (en anglais, on retrouve les même structure). Ainsi donc, on a l’ordre :
- verbe-objet-indirect-objet-direct comme en français :
"Na ŋ wema."
(Give me paper.)
cette forme est la plus courante et met le destinataire (complément d’objet indirect : moi) en avant. - verbe objet-direct objet-indirect qui n’est possible en français que losqu’on remplace le pronom par un nom... :
"Na wema ŋ."
cette forme moins courante avec des verbes comme "na" met l’objet (complément d’objet direct : papier, livre) en avant.
Par contre, c’est la seule forme possible lorsqu’on utilise un verbe composé comme "Sɔ nɔ" (pareil en français/anglais avec la particule à/to) "Sɔ wema nɔ ŋ." (Give paper to me.)
Concernant la première phrase toujours, remarquons enfin, que l’adverbe se met en fin (comme en anglais) : on délivre le message principal, puis on conclut sur son caractère urgent.
Dans la dernière phrase, enfin, nous avons découvert une des façons de marquer marquer la négation : en ajoutant la particule "gǒ" à la fin de la proposition affirmative. Nous y reviendrons.
exercice de synthèse
Notes
[1] caractéristiques phonétiques :
- phonation voisée = les cordes vocales vibrent lors de l’articulation
- mode d’articulation occlusif = produits en obstruant l’air du chenal vocal
- consonne orale = l’air peut s’échapper par la bouche
- consonne centrale = produits en laissant l’air passer au dessus du milieu de la langue, plutôt que par les côtés
- mécanisme de courant d’air est égressif pulmonaire = articulés en poussant l’air par les poumons et à travers le chenal vocatoire, plutôt que par la glotte ou la bouche
[2] S’utilise pour pour remercier pour un/une service/action et pourrait se traduire littéralement par « bon boulot ! » ou « merci pour tout. »
[3] Littéralement : Non, n’ai —presque— rien fait. Comprendre : vous me flattez, c’est trois fois rien.
[4] Littéralement : il n’y avait pas vraiment pas de tâche / rien à faire. Équivalent : oh mais c’était pas grande chose / presque rien.
[5] Profitons-en pour réviser notre français... : « passe-moi le sel » ; « remet-moi les clefs » ; ainsi de suite.


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